Call for chapters: The Death of the Perpetrator

Appel à contribution – Call for chapters (English version below)

Appel à contribution pour un ouvrage collectif sur La mort du bourreau:
Exécution, suicide, identification, dissimulation, exposition
Sous la direction de Sévane Garibian (Universités de Genève et de Neuchâtel)

Auteure notamment de : Le crime contre l’humanité au regard des principes fondateurs de l’Etat moderne. Naissance et consécration d’un concept (Schulthess, LGDJ, Bruylant, 2009) et, avec Alberto Puppo, Normas, valores, poderes. Ensayos sobre Positivismo y Derecho internacional (Fontamara, 2010).

Comité scientifique
Élisabeth Anstett (CNRS-Iris, Paris, France), Jean-Marc Dreyfus (Université de Manchester, Grande-Bretagne), Caroline Fournet (Université de Groningen, Pays-Bas), Jon Shute (Université de Manchester, Grande-Bretagne).

Les violences de masse ont représenté un phénomène structurant du 20e siècle. Du génocide arménien au Rwanda, de la Grande Terreur stalinienne à la Shoah, des dictatures d’Amérique latine au génocide cambodgien, des millions d’êtres humains ont été assassinés en dehors des champs de bataille. Les sciences sociales se sont emparées à l’issue de la seconde guerre mondiale des questions inédites posées par le phénomène génocidaire et l’assassinat en masse de civils, puis, plus récemment, par le terrorisme international, auxquelles elles ont apporté différents éclairages. Le thème du corps représente pour sa part, depuis plusieurs décennies, une thématique transversale des sciences sociales.

Or, de façon assez paradoxale, et malgré l’importance des travaux menés sur le corps d’une part et les violences de masse d’autre part, la question du corps dans les violences de masse demeure encore un thème largement inexploré. Pourtant, le sort fait au corps, et singulièrement au cadavre, semble véritablement constituer une clé pour la compréhension de l’impact des violences de masse et des génocides sur les sociétés contemporaines. Cet impensé se trouve actuellement au coeur du programme de recherche Corpses of Mass Violence and Genocide (2012-2016) consacré à la postérité des violences de masse du 20e siècle, lauréat d’une bourse du Conseil européen de la recherche (ERC): http://www.corpsesofmassviolence.eu.

C’est dans ce contexte que l’ouvrage proposera alors de renverser la problématique du traitement des corps des violences de masse en abordant un autre impensé, un « tabou dans le tabou » : la question du traitement du corps des bourreaux (dictateurs, criminels de masse, génocidaires) dans le cas de leur (mise à) mort. Ceci dans des configurations aussi différentes que, pour ne citer que des exemples connus, l’exécution de Talaat Pacha, de Benito Mussolini, celles des principaux responsables nazis, la mort d’Adolf Hitler, celles de Pol Pot ou de Slobodan Milosevic, les exécutions de Nicolae Ceausescu, Saddam Hussein ou Mouammar Kadhafi ; ou encore, dans le cadre distinct du terrorisme international, la traque et l’élimination d’Oussama Ben Laden.

Il s’agira de forger des outils intellectuels et théoriques appropriés à la prise en compte de la destinée des corps des criminels (notoires ou « anonymes »), dans une approche qualitative, comparatiste et pluridisciplinaire, visant une meilleure compréhension des enjeux et problématiques propres à la (mise à) mort du bourreau à l’épreuve des exigences de justice, de réparation et de réconciliation. Parmi de très nombreux questionnements, on se penchera notamment sur:

- Les auteurs et le cadre : Etat, population civile, commando ou vengeur. Origine,
légitimité/légalité, formes et cadres (intra- ou extra-judiciaires) de la mise à mort des bourreaux.
- Les motivations et justifications : pourquoi et au nom de quoi s’opèrent ces exécutions (aspects juridiques, philosophiques, politiques, voire économiques, de la mise à mort et de ses effets). Réflexions autour des concepts de justice étatique/internationale/privée et de vengeance.
- Les technologies et idéologies mises en oeuvre ou révélées dans l’exécution puis dans le traitement post-mortem des dépouilles des bourreaux, ainsi que dans le choix des lieux et modes d’inhumation (confrontation à la problématique de la patrimonialisation).  nnovations, standardisations, enjeux.
- Les traces, témoignages et médiatisation : la question du témoin (direct / indirect, réel/symbolique) de la mort de ces criminels et de sa médiatisation, la place et le rôle des organisations humanitaires, des observateurs internationaux, des Etats tiers, de la communauté internationale, de la presse. Les questions et problèmes de divers ordres liés à la circulation des images.
- Les statuts symbolique et juridique du corps mort des bourreaux, leur valeur, les aspects anthropologiques des restes humains, leurs usages politico-religieux ou autres, les droits des familles.
- La mort (naturelle ou provoquée par suicide) comme extinction de l’action pénale ou refus de s’y soumettre.

Les propositions de contribution devront être envoyées au plus tard 15 avril 2013 à l’adresse électronique suivante : coordinator@corpsesofmassviolence.eu

Elles consisteront en un résumé d’une page, accompagné d’un curriculum vitae de deux pages maximum. La réponse aux propositions sera communiquée rapidement aux auteurs. La version finale de la contribution devra alors être envoyée au plus tard en octobre 2013.

Seront également prises en considération les propositions de contribution en langues anglaise et espagnole, une traduction en langue française pouvant être mise à disposition pour la publication.

L’ouvrage collectif sera publié aux Editions Petra, dans la collection « Les cadavres dans les violences de masse et les génocides » dirigée par Elisabeth Anstett (CNRS-Iris, France) et Jean-Marc Dreyfus (Université de Manchester, Grande-Bretagne). Vient d’y paraître: Cadavres impensables, cadavres impensés. Approches méthodologiques du traitement des corps dans les violences de masse et les génocides (2012).

 

Call for chapters for an edited volume on The Death of the Perpetrator:
Execution, suicide, identification, concealment, exhibition
Editor: Sévane Garibian (Universities of Geneva and Neuchâtel)

Author of: Le crime contre l’humanité au regard des principes fondateurs de l’Etat moderne; Naissance et consécration d’un concept (Schulthess, LGDJ, Bruylant, 2009) and (with Alberto Puppo) Normas, valores, poderes. Ensayos sobre Positivismo y Derecho internacional (Fontamara, 2010).

Editorial Committee
Élisabeth Anstett (CNRS-Iris, Paris, France), Jean-Marc Dreyfus (University of Manchester, UK), Caroline Fournet (University of Groningen, the Netherlands),
Jon Shute (University of Manchester, UK).

Mass violence may be seen as a defining structural phenomenon throughout the 20th century. From the Armenian genocide to Rwanda, from Stalin’s Great Terror to the Holocaust, from the dictatorships of Latin America to the Cambodian genocide, millions of human beings were killed away from the battlefield. Following the end of the Second World War, the social sciences began to get to grips with the entirely new questions posed by the phenomenon of genocide and the mass murder of civilians, as well as, more recently, by that of international terrorism, from a variety of perspectives. The body, meanwhile, has come to constitute a key theme across the social sciences over the last few decades.

Somewhat paradoxically, though, given the volume of studies devoted to the body on the one hand, and to mass violence on the other, the question of the body in the context of mass violence remains a largely unexplored theme. Yet the fate of the body, and more specifically that of the corpse, is of key importance to our understanding of the impact of mass violence and genocide on contemporary societies. This gap in our thinking forms the focus of the current research programme Corpses of Mass Violence and Genocide (2012-2016), which deals with the legacy of 20th-century mass violence. This programme is funded by a grant from the European Research Council: http://www.corpsesofmassviolence.eu.

This edited volume will affect a radical reversal of the terms of the question of the treatment of bodies of mass violence by focusing on another gap in our thinking, a “taboo within a taboo”: the question of the treatment of the bodies of the perpetrators (dictators, mass criminals, genocidaires) in the event of their (being put to) death. This approach may be applied to such diverse situations as, to cite but a few well-known examples, the executions of Talaat Pasha, Benito Mussolini, and high-ranking Nazi officials; the deaths of Adolf Hitler, Pol Pot and Slobodan Milosevic; the executions of Nicolae Ceausescu, Saddam Hussein and Muammar Gaddafi; or, in the distinct context of international terrorism, the hunting-down and elimination of Osama bin Laden.

The analytical and theoretical tools necessary to place the fate of the bodies of criminals (whether infamous or “anonymous”) within a qualitative, comparative and interdisciplinary framework will be developed, with the objective of clarifying the specific questions and issues raised by the (putting to) death of the perpetrator in the context of the need for justice, reparation and reconciliation. Among many possible themes, the volume will concentrate in particular upon:
- The context of the execution and the identity of its authors: the state, civilian population, commando unit or lone avenger. The origin, legitimacy/legality, forms and (intra- or extra-judicial) frameworks surrounding the killing of perpetrators.
- Motivations and justifications: what are the reasons / the reasons given for such killings (legal, philosophical, political and even economic aspects of the execution and its effects)? Examinations of the concepts of state/international/personal justice and revenge.
- The technologies and ideologies employed or visible in the execution and post-mortem treatment of perpetrators’ remains, and in the choice of sites and methods of burial (approaches to the problem of memorialization). Innovations, standardization, implications.
- Traces, witnesses and mediatization: the question of witnesses (direct or indirect, real or symbolic) to the death of those criminals and their representation by the media; the position and role of humanitarian organizations, international observers, third-party states, the international community, the press; the various questions and problems raised by the circulation of images.
- The symbolic and legal status of the dead bodies of perpetrators; their value; the anthropological aspects of human remains; the politico-religious or other uses made thereof; the rights of families.
- Death (natural or through suicide) as a cause for the termination of legal proceedings, or a means of avoiding them.

Chapter proposals must be sent at the latest by 15 April 2013 to the following email: coordinator@corpsesofmassviolence.eu

Proposals must consist of a one-page abstract, accompanied by a curriculum vitae of no more than two pages. Confirmation of acceptance will be sent to authors quickly. Final versions of chapters must be sent to the editors by October 2013 at the latest.

Chapter proposals in English and Spanish will be considered. Translation into French for publication will be provided. The edited volume will be published with Editions Petra, as part of the “Les cadavres dans les violences de masse et les genocides” series edited by Elisabeth Anstett (CNRS-Iris, France) and Jean-Marc Dreyfus (University of Manchester, UK). Recently published in the series: Cadavres impensables, cadavres impensés. Approches méthodologiques du traitement des corps dans les violences de masse et les génocides (2012).