Musealization of Violence in Central and Eastern Europe

Workshop - Musealization of Violence in Central and Eastern Europe
University Paris 4 Sorbonne and EHESS, Paris, France
23-24 May, 2014

The musealization of mass violence (genocide, camps, deportations, persecutions) has drastically changed since 1989, particularly in Central and Eastern Europe. New political, social, cultural and scholarly agendas, the possibility to access documents and archives, and to circulate ideas and research through formerly closed borders, has allowed for new ways to document the traumatic past and to launch a common thinking about how to commemorate the past, on a European and even worldwide scale.

Museums concerned with the violence of the Soviet regime have sprouted; a new light has been shed on the violence of Nazi occupation. Certain museums now document the victims of both totalitarian regimes together. Virtual museums put new forms of documentation online, such as oral interviews, alongside photography and text.

This calls for methodological and ethical questions about the feasibility and relevance of representing or reconstructing past violence. Musealization may go along with an inexplicit, memorial void, or with the deformation or falsification of history. To understand these new or modified spaces of memory one needs to comprehend the issues at stake, including the interaction of antagonistic experiences.

Museal spaces reveal an essential part of culture. Their architecture reflects and shapes the self-image of Europe. In the construction of memorial scenes of mass violence, the model of the Holocaust plays a major role. Other memorials rely on the example or war museums as they were built in Eastern Europe and the USSR, while others are based on an ethnic foundation. Different models are spread around, informed by the dialogue or the confrontation of antagonist memories.

 

Colloque international « Muséographie des violences en Europe centrale et ex-URSS »
Université Paris 4 Sorbonne et EHESS, Paris, France, 23-24 mai 2014

L’espace muséographique dévolu, en Europe centrale et en ex-URSS, à la mémoire collective des violences de masse – génocides, camps, déportations, famines, persécutions – a connu, depuis la chute du Mur, un remaniement radical. De nouveaux enjeux politiques, sociaux, culturels, scientifiques, l’accès à des documents jusque-là inaccessibles, la circulation des idées et des savoirs à travers des frontières désormais ouvertes ont permis à la fois de créer des façons inédites de documenter le passé traumatique et d’initier une réflexion à l’échelle européenne, voire mondiale sur cette mise en mémoire du passé.

Des musées montrant les violences du régime soviétique ont ainsi vu le jour : musées du Goulag ou musées de l’occupation dans certaines ex-républiques ; les violences subies par les populations sous le nazisme ont reçu un éclairage nouveau. De nombreuses villes à l’Est de l’Europe se sont dotées de musées documentant les séquelles des deux totalitarismes dont elles ont tour à tour été victimes. Enfin, depuis quelques années on assiste à la création de musées virtuels qui ont notamment pour vocation de constituer un fond d’archives orales, support nouveau et bien différent de la photographie, de l’objet et du texte.

L’abondance de traces ainsi constituées pose de nombreuses questions d’ordre méthodologique et éthique quant à la pertinence et la possibilité de la représentation des violences et de la reconstruction du passé. Par ailleurs, la muséification laisse place au non-dit, au vide mémoriel, enfin à la déformation ou la falsification des données historiques. La compréhension de ces espaces totalement nouveaux ou remaniés ne peut se concevoir sans appréhender l’amplitude des enjeux mémoriels et le jeu croisé des expériences antagonistes.

A l’inverse, ces espaces révèlent un pan essentiel de la culture actuelle. Leurs architectures et scénographies, envisagées dans leur intéraction avec le paysage urbain ou naturel, reflètent et modèlent à la fois l’auto-représentation des Européens. Entre l’expérimentation artistique ou technique et la mise en place de discours, représentations, idéologies, le musée est un lieu paradoxal de cristallisations mais aussi de négociations mémorielles.

On remarquera que dans la construction des dispositifs mémoriels et des représentations des violences de masse, les modèles de la mise en mémoire de la Shoah, notamment muséale, depuis 1945 et jusqu’à nos jours, occupent une place importante. D’autres espaces mémoriels se constituent sur le modèle des musées de guerre tels qu’ils étaient conçus en URSS et en Europe de l’Est d’avant 1989. Enfin certains pays optent pour une approche ethnique plus qu’universelle. C’est cette circulation de modèles à travers le dialogue ou l’affrontement des mémoires que nous nous proposons d’aborder au cours de ce colloque.

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